Ce 16 juin 2025 marque l'ouverture de la Conférence de Bonn sur les changements climatiques, une étape cruciale dans la préparation de la COP30 qui se tiendra en novembre au Brésil. À cette occasion, Amnesty International a publié une nouvelle synthèse alarmante sur l'état de la crise climatique mondiale et ses impacts sur les droits humains [1].
L'organisation de défense des droits humains tire la sonnette d'alarme sur l'insuffisance des mesures prises par les gouvernements pour limiter la production et l'utilisation des combustibles fossiles. Cette publication intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, alors que l'année 2024 a marqué pour la première fois un dépassement du seuil critique de 1,5°C de réchauffement planétaire par rapport aux niveaux préindustriels.
La synthèse d'Amnesty International souligne que malgré les défis posés par le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, la multiplication des pratiques autoritaires dans le monde et les dégâts environnementaux causés par l'escalade des conflits armés, il n'est pas encore trop tard pour consolider l'ambition climatique mondiale.
L'année 2024 restera dans les annales climatiques comme une année record. Elle a été marquée par des températures exceptionnelles, avec une élévation moyenne de 1,6 degrés par rapport à l'ère préindustrielle. Cette augmentation sans précédent s'est accompagnée d'événements climatiques extrêmes particulièrement destructeurs à travers le monde.
Les incendies de forêt ont ravagé l'Amérique latine tandis que l'ouragan atlantique de catégorie 5 le plus précoce jamais enregistré a frappé les Caraïbes. En Europe centrale, certaines régions ont été inondées par l'équivalent de trois mois de pluie en seulement cinq jours, illustrant l'aggravation de l'urgence climatique sous l'effet de l'activité humaine et de la combustion des énergies fossiles.
Des conséquences dramatiques sur les droits humains
Amnesty International met en évidence le lien direct entre l'aggravation de la crise climatique et l'amplification des atteintes aux droits humains. L'organisation prévient que sans une maîtrise du réchauffement planétaire, de plus en plus de personnes seront plongées dans la pauvreté, perdront leur logement ou souffriront des effets de la sécheresse et de l'insécurité alimentaire.
Les populations les plus vulnérables sont particulièrement touchées par ces bouleversements climatiques. Les communautés marginalisées, souvent celles qui ont le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre, subissent de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique. Cette injustice climatique constitue l'un des défis majeurs que devront affronter les négociateurs lors de la Conférence de Bonn.
La situation est d'autant plus préoccupante que les scientifiques constatent une accélération du réchauffement climatique, dépassant même leurs prévisions les plus pessimistes. Cette accélération s'explique notamment par la réduction rapide de la fonction de captation du CO2 par les océans et la dégradation du pergélisol dans les régions arctiques.
Un appel urgent à l'action des gouvernements
Face à cette situation critique, Amnesty International appelle les États à mettre en œuvre une action climatique ambitieuse en planifiant une transition juste vers l'abandon progressif des combustibles fossiles dans tous les secteurs. Cette transition doit s'accompagner d'un soutien renforcé aux populations et aux pays les plus vulnérables face aux impacts climatiques.
La Conférence de Bonn, qui se déroule du 16 au 26 juin 2025, représente une opportunité cruciale pour relancer la dynamique internationale en matière de lutte contre le changement climatique [2]. Ces négociations techniques préparent le terrain pour la COP30 de Belém, au cœur de l'Amazonie brésilienne, qui se tiendra en novembre 2025.
L'enjeu de ces discussions est de taille : il s'agit de remobiliser les États dans un contexte géopolitique complexe, marqué par l'absence des États-Unis et les tensions internationales croissantes. Les négociateurs devront trouver un terrain d'entente pour renforcer les engagements climatiques et accélérer la mise en œuvre des mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5°C.
Amnesty International insiste sur la nécessité de placer les droits humains au cœur de toutes les décisions relatives à l'action climatique. Cette approche permettrait d'assurer une transition équitable vers des économies décarbonées tout en protégeant les droits fondamentaux des populations les plus exposées aux effets du changement climatique.
L'organisation souligne également l'importance d'un financement climatique accru, particulièrement pour l'adaptation et la compensation des pertes et dommages dans les pays en développement. Ces pays, bien qu'ayant contribué de manière marginale aux émissions historiques de gaz à effet de serre, subissent aujourd'hui les conséquences les plus sévères du dérèglement climatique.