Le 18 juillet 2025, lors d’un point presse à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a annoncé la création d’un panel scientifique indépendant chargé d’étudier les effets physiques et sociétaux d’une guerre nucléaire à l’échelle locale, régionale et planétaire — notamment les impacts climatiques et environnementaux, ainsi que leurs conséquences sur la santé publique, l’agriculture et les écosystèmes. [1]
Ce nouveau panel répond à la résolution 79/238 de l’Assemblée générale, adoptée dans le cadre du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il s’agit de la première étude interdisciplinaire de cette ampleur depuis 1988, visant à intégrer dans une même démarche les dimensions radiologiques, atmosphériques, écologiques et socioéconomiques d’un conflit nucléaire.
Un mandat scientifique et pluridisciplinaire
Le panel est composé de 21 experts sélectionnés sur la base de leur « expertise scientifique de premier plan » et de l’équilibre géographique et de genre, couvrant des domaines tels que la physique nucléaire, les sciences atmosphériques, les études environnementales, la biologie, la santé publique et les sciences sociales.
Parmi ses missions, le panel devra :
- Évaluer la perturbation du climat induite par l’injection de suies et de particules dans la stratosphère, et ses effets sur la température, les précipitations et la productivité agricole.
- Quantifier la dégradation des écosystèmes terrestres et marins, ainsi que les perturbations en chaîne sur la biodiversité.
- Estimer les conséquences sur la santé humaine, liées à la contamination radiologique et à la malnutrition résultant d’une baisse des rendements agricoles.
Vers un rapport global et concerté
Le panel est invité à consulter l’ensemble des parties prenantes, y compris les États membres, les organisations régionales, le Comité international de la Croix-Rouge et la société civile, afin de garantir une approche exhaustive et transparente.
Le rapport final, prévu pour être examiné lors de la 82e session de l’Assemblée générale en 2027, dressera un état des connaissances et formulera des recommandations pour la recherche future et les politiques de prévention.
Cette initiative s’inscrit dans la logique des Nations Unies de prévention des conflits et de protection de l’environnement, en soulignant que les risques d’une guerre nucléaire dépassent la seule dimension militaire : ils constituent une menace directe pour le climat mondial et la sécurité alimentaire planétaire.
Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et face aux enjeux urgents du changement climatique, le panel pourrait fournir des données cruciales pour les gouvernements et la communauté internationale, en vue de renforcer les mécanismes de désarmement et de réponse aux crises environnementales.
En dernier lieu, cette démarche rappelle l’importance d’intégrer les impacts environnementaux dans toutes les stratégies de sécurité et de développement, afin d’éviter une catastrophe humanitaire et écologique d’ampleur inédite.