Pourcentage de l'eau potable aux États-Unis qui contient des microplastiques
Quantité annuelle estimée de microplastiques rejetés dans l'océan par l'utilisation des pneus des véhicules dans le monde
Nombre moyen de microfibres plastiques rejetées chaque jour dans l'océan par les rejets d'eaux usées domestiques en Europe uniquement
Quantité estimée de microplastiques flottant actuellement dans les mers et océans du globe
Les microplastiques sont de minuscules fragments plastiques inférieurs à 5 mm, aussi petits qu'un grain de sable ou invisibles à l'œil nu. Ils apparaissent soit directement sous forme de particules utilisées dans les cosmétiques (microbilles exfoliantes par exemple), soit indirectement par dégradation de plus gros déchets (bouteilles, emballages, filets de pêche) soumis aux rayons UV, au frottement ou aux vagues.
Côté origine, presque 80 % proviennent de la terre ferme, issus notamment de l'usure des pneus de voiture, des fibres textiles synthétiques libérées lors du lavage de vêtements (chaque lavage peut relâcher jusqu'à plusieurs milliers de fibres plastiques) ou de la dégradation de peintures et vernis industriels. Le reste provient principalement d'activités marines telles que les rejets liés à l'aquaculture ou les pertes accidentelles en mer de matériaux plastiques utilisés dans le transport maritime ou la pêche. À cela s'ajoutent les rejets atmosphériques : tu imagines moins facilement, mais les microplastiques voyagent aussi par l'air, portés par les vents sur de longues distances avant de tomber en mer. Aujourd'hui, on estime même que les régions reculées comme l'Arctique sont contaminées par des particules transportées depuis d'autres continents.
On distingue globalement deux grandes familles de microplastiques dans nos océans : ceux qui résultent directement de l'industrie, et ceux issus de la fragmentation de déchets plastiques plus gros.
Les premiers, appelés microplastiques primaires, sont fabriqués intentionnellement à petite échelle pour diverses utilisations industrielles. Par exemple, les fameuses microbilles présentes dans certains cosmétiques exfoliants, dentifrices abrasifs ou produits de nettoyage industriels. On trouve aussi des granulés industriels appelés pellets ou nurdles, servant de matière première dans l'industrie plastique.
Les seconds, les microplastiques secondaires, sont bien plus fréquents. Ce sont des déchets plastiques plus grands (bouteilles, sacs, filets, emballages…) qui, sous l'action des rayons ultraviolets, des vagues et des variations de température, se fragmentent progressivement en particules de plus en plus petites. Un seul sac plastique peut ainsi générer des milliers de fragments minuscules au fil du temps.
Parmi les matériaux les plus communément retrouvés dans les océans, on trouve le polyéthylène (PE), très répandu dans les emballages alimentaires et les sacs plastiques, le polypropylène (PP), utilisé dans les emballages rigides et certaines fibres textiles, et le polystyrène (PS), qui vient des emballages alimentaires comme les gobelets ou les boîtes à emporter. Les fibres synthétiques comme le polyester, qui se détachent en très fines particules lors du lavage en machine des vêtements, représentent également une part significative de ces polluants invisibles.
La taille des microplastiques couvre une large gamme, allant du millième de millimètre jusqu'à cinq millimètres. Plus ils sont petits, plus ils sont susceptibles d'être ingérés accidentellement par des organismes marins. Par conséquent, leur taille influence directement leur impact écologique potentiel.
Les microplastiques proviennent d'abord de nos activités quotidiennes. Par exemple, les stations d'épuration ne réussissent à traiter qu'une partie de ces minuscules plastiques. En général, même les systèmes modernes n'arrivent qu'à capturer entre 80 % et 95 % des particules, laissant des milliards de fragments rejoindre rivières et océans chaque jour. Ces microplastiques rejetés proviennent souvent des fibres synthétiques de nos vêtements comme le polyester, qui sont libérées à chaque lavage (jusqu'à plusieurs milliers par lessive). Une étude européenne a montré qu'une seule station d'épuration urbaine peut évacuer quotidiennement plusieurs millions de particules microplastiques dans l'environnement aquatique.
Les rejets industriels sont aussi bien responsables. L'industrie textile, par exemple, produit énormément de ces plastiques minuscules lors de la fabrication, surtout via la découpe, le traitement et le lavage industriel des tissus synthétiques. Une chaîne de production textile classique peut rejeter une grande quantité de fibres plastiques dans ses eaux usées, souvent sans filtration suffisante à la sortie.
On parle moins souvent des peintures industrielles ou domestiques comme source majeure, pourtant les résidus de peinture, incluant celles utilisées sur les revêtements routiers, se transforment progressivement en petits fragments de microplastiques durant leur usure. Des analyses ont révélé que les résidus de peinture issus de l'usure routière comptent parmi les principales catégories de microplastiques transportés vers les milieux aquatiques urbains via le ruissellement des eaux de pluie.
Autre coupable discret : les microbilles de plastique utilisées dans certains produits cosmétiques et d'hygiène domestique (dentifrices, gommages exfoliants). Malgré les interdictions progressives dans plusieurs pays, elles restent présentes dans les eaux domestiques dans de nombreuses régions du monde. En gros, ce sont des millions de microbilles plastiques qui passent chaque jour nos systèmes de traitement et finissent leur cycle directement en mer.
Les activités maritimes comme la pêche commerciale provoquent une quantité significative de déchets plastiques, principalement sous forme de filets perdus ou abandonnés : on appelle ça des "engins fantômes". Selon une étude de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ces filets peuvent représenter jusqu'à 10% de l'ensemble des déchets plastiques en mer, continuant à capturer des animaux marins pendant des années.
L'aquaculture aussi contribue directement à ce problème. Les exploitations aquacoles utilisent souvent des flotteurs, des cordages et des cages en plastique. Avec le temps, ceux-ci subissent des cassures ou de l'usure et libèrent des fragments dans leur environnement immédiat. Le polystyrène expansé, couramment utilisé comme flotteur dans les fermes aquacoles, génère particulièrement beaucoup de microbilles lorsqu'il se fragmente sous l'effet des vagues ou du soleil.
Quant au transport maritime, il génère aussi sa part de pollution aux microplastiques. Les navires rejettent régulièrement des eaux de ballast contenant parfois des particules plastiques collectées dans un port et rejetées dans un autre endroit du monde. La corrosion et l'usure des revêtements et peintures des bateaux libèrent également ces contaminants directement dans l'océan, contribuant silencieusement au problème global.
Les tempêtes et les fortes précipitations, lorsqu'elles touchent notamment des zones urbaines, provoquent des ruissellements massifs qui vont lessiver les microplastiques présents sur les routes et les sols, et ainsi les pousser vers les rivières puis directement vers les océans. On appelle souvent ça des "impulsions météorologiques" : en clair, des périodes courtes mais très intenses pendant lesquelles des tonnes de microplastiques arrivent d'un coup dans le milieu marin.
Les courants océaniques jouent un rôle majeur dans la distribution des microplastiques. Un exemple concret : les gyres océaniques, ces énormes tourbillons marins, concentrent les débris plastiques dans des zones précises. C'est dans ces régions — comme le célèbre "continent plastique" du Pacifique Nord — qu'on observe les plus fortes concentrations. Mais attention, les microplastiques ne restent pas forcément à la surface. Certains courants plus profonds, appelés courants de densité, entraînent les microparticules vers les fonds marins ou les dispersent sur de très grandes distances.
Autre phénomène intéressant, les événements météorologiques extrêmes comme les cyclones peuvent perturber temporairement ces zones de concentration. Après un ouragan, par exemple, on peut observer brusquement l'apparition de microplastiques dans des régions côtières habituellement moins touchées. Ces scénarios ponctuels sont importants car ils montrent à quel point la dynamique des microplastiques dépend étroitement des conditions météo marines.
Enfin, le rôle des marées n'est pas à négliger : elles influencent fortement la fréquence et les quantités de microplastiques déposées sur les plages. Ces particules plastiques peuvent ensuite être de nouveau mobilisées, retournant vers l'océan ou s'enfouissant plus profondément dans les sédiments côtiers.
| Source de microplastiques | Type de particules concernées | Organismes marins affectés | Conséquences sur la chaîne alimentaire |
|---|---|---|---|
| Décomposition d'objets plastiques (bouteilles, sacs) | Fragments plastiques inférieurs à 5 mm | Plancton, poissons et mollusques filtreurs (ex. huîtres, moules) | Accumulation de toxines chimiques persistantes chez les prédateurs marins supérieurs et chez l'humain |
| Lavage des textiles synthétiques (fibres polyester, nylon) | Microfibres textiles rejetées dans les eaux usées | Petits poissons et crustacés consommant des zones côtières polluées | Réduction de la valeur nutritive des ressources halieutiques, exposition humaine indirecte |
| Cosmétiques et produits d'hygiène contenant des microbilles plastiques | Microbilles plastiques en polyéthylène ou polypropylène | Invertébrés marins filtreurs et petits poissons côtiers | Perturbation hormonale et chimique au sein d'écosystèmes marins sensibles |
Les microplastiques ne restent pas statiques dans l'eau. Selon leur densité, ils peuvent soit flotter, soit couler jusqu'au fond marin. Une grande partie (environ 60 %) des microplastiques retrouvés dans les océans possède une densité inférieure à celle de l'eau de mer (environ 1,025 g/cm³), donc ils flottent en surface et se déplacent avec les courants océaniques et les vents dominants, créant parfois des accumulations comme dans le fameux Great Pacific Garbage Patch. Mais attention, avec le temps, ils ne restent pas tous en surface. Beaucoup finissent par couler à cause de phénomènes précis comme l'accumulation de biofilms microbiens qui augmentent leur densité. Une fois colonisés par ces micro-organismes, même des plastiques légers comme le polyéthylène (PE) ou le polypropylène (PP) peuvent sombrer doucement vers les fonds marins.
La dispersion des microplastiques ne dépend pas seulement des courants. Les événements météorologiques extrêmes, tels que les tempêtes ou les crues côtières, jouent aussi un rôle essentiel. Lors d'une tempête, les microplastiques accumulés sur les plages ou dans les ports sont rapidement remis en suspension et dispersés au large ou réintégrés dans la colonne d'eau. Ils peuvent alors atteindre des habitats éloignés, auparavant moins exposés.
Une fois déposés au fond, les microplastiques finissent enterrés dans les sédiments marins. Sur le long terme, ils forment des réservoirs de pollution plastique potentiellement très durables. Par exemple, des chercheurs ont retrouvé jusqu'à 6 500 particules de microplastique par kilogramme de sable dans certaines régions côtières fortement touchées. Ce dépôt de plastique dans les sédiments marins n'est pas inerte : il peut impacter directement les espèces vivant sur le fond marin (benthiques) en entrant dans leur organisme ou indirectement en modifiant les propriétés physico-chimiques du substrat dans lequel elles vivent.
Les microplastiques flottant à la surface de l'océan se fragmentent continuellement sous l'action mécanique des vagues et sous l'effet des rayons du soleil (rayonnement UV). Concrètement, les vagues entraînent une friction répétée des fragments plastiques, ce qui les brise progressivement en morceaux toujours plus petits. En parallèle, les UV vont dégrader chimiquement le plastique en rendant sa structure plus cassante, accélérant ainsi cette fragmentation physique. Prenons l'exemple précis du polyéthylène, plastique couramment utilisé dans les emballages alimentaires : selon certaines études, après seulement quelques semaines d'exposition solaire directe, il commence déjà à perdre en résistance mécanique. Résultat : des bouts de plastique initialement gros comme des bouchons de bouteilles deviennent rapidement minuscules, et donc plus facilement intégrables par le plancton ou les petits poissons. Connaître ces phénomènes et étudier les types de plastiques qui se fragmentent le plus vite (notamment polypropylène, polyéthylène et polystyrène expansé) permettrait aux décideurs d'orienter concrètement leurs efforts : limiter l'utilisation des plastiques les plus fragiles et améliorer la gestion de déchets pour éviter leur arrivée en mer.
Les microplastiques qui dérivent dans les océans deviennent rapidement des supports où viennent se fixer pleins de micro-organismes. On appelle ça un biofilm microbien, une sorte de mini-ville bactérienne qui s'installe directement sur la surface du plastique.
Ce biofilm peut modifier complètement les propriétés chimiques du plastique. En s'accumulant, ces bactéries et autres micro-organismes relâchent des substances comme des polysaccharides (une sorte de sucres complexes) et des protéines, créant ainsi une couche gluante qui favorise l'adsorption d'autres polluants chimiques. Concrètement, ça veut dire que les microplastiques recouverts de biofilms captent beaucoup plus facilement des contaminants comme les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) ou encore des polluants organiques persistants (PCB, pesticides).
Un exemple intéressant : des études récentes ont montré que les microplastiques recouverts par des biofilms peuvent accumuler jusqu'à plusieurs fois plus de contaminants que ceux sans biofilm. Autrement dit, avec ces micro-communautés microbiennes bien installées, les plastiques deviennent de véritables éponges toxiques flottantes.
Certains micro-organismes dans ces biofilms sont même capables de dégrader partiellement certains types de plastiques, comme le polyéthylène ou le polystyrène, mais c'est très lent et ça libère souvent des composés chimiques secondaires, pas forcément moins toxiques. Ces interactions compliquent encore davantage le rôle des microplastiques dans la contamination des écosystèmes marins et rendent la question de leur gestion d'autant plus importante.


Proportion des oiseaux marins ayant déjà ingéré des plastiques au cours de leur vie
Première observation documentée de plastiques microfragmentés dans les océans par des chercheurs américains (publication scientifique).
Première mention officielle du terme 'microplastique' par Richard Thompson dans son étude publiée dans la revue Science, attirant l'attention sur ce phénomène croissant.
Découverte de concentrations significatives de microplastiques dans les gyres marins du Pacifique Nord (aussi nommés 'continents de plastique').
La France interdit les microbilles plastiques dans les produits cosmétiques rincés, mesure prise pour réduire les rejets de ces polluants en milieu marin.
Étude internationale révélant la présence de microplastiques dans plus de 90% des marques de sel marin analysées.
Publication d'une étude confirmant la présence de microplastiques dans les tissus musculaires de poissons destinés à la consommation humaine.
Les microplastiques agissent comme de véritables éponges chimiques dans les océans. Parmi les métaux lourds concernés, on retrouve souvent le mercure, le plomb, le cadmium ou encore l'arsenic. Ces substances toxiques proviennent principalement d'activités industrielles et de rejets urbains et agricoles.
Quand des particules de plastique se retrouvent dans l'eau, leur surface joue le rôle d'aimant à métaux lourds : elles attirent et concentrent ces polluants à des taux parfois plusieurs milliers de fois supérieurs à leur concentration dans l'eau de mer elle-même. Par exemple, des études réalisées en Méditerranée ont révélé que certains fragments de plastique contenaient des concentrations très élevées en mercure, un polluant neurotoxique.
Le problème, c'est que ces microplastiques contaminés sont ensuite facilement absorbés par le plancton, les moules, les crevettes ou les petits poissons. Et c'est précisément là qu'ils entrent dans notre assiette. On estime par exemple qu'une portion moyenne de fruits de mer peut présenter, à cause des microplastiques ingérés par les organismes marins, des quantités significatives de cadmium et de plomb, dangereux pour la santé humaine à long terme.
Pour agir concrètement : diminuer à la source nos rejets plastiques et industriels reste le meilleur moyen de limiter cette accumulation toxique dans les organismes marins et, au final, dans notre alimentation quotidienne.
Les polluants organiques persistants (POP), comme les PCB (polychlorobiphényles), les pesticides tels que le DDT ou encore les dioxines, sont des composés chimiques résistants à la dégradation naturelle. Une fois dans l'environnement marin, ces substances collent très facilement à la surface des microplastiques, les transformant en véritables "éponges toxiques". Le pire, c'est qu'en s'accumulant sur ces minuscules morceaux de plastique, les POP se concentrent parfois à des taux des milliers de fois supérieurs à ceux mesurés dans l'eau environnante. Lorsque les organismes marins ingèrent ces microplastiques chargés, les POP se libèrent progressivement à l'intérieur des tissus des animaux, perturbant notamment leur métabolisme et leur système endocrinien. Résultat : les animaux situés en haut de la chaîne alimentaire — poissons prédateurs, oiseaux marins, mammifères comme les dauphins ou même l'humain — accumulent ces toxiques à des niveaux préoccupants. En pratique, réduire directement les émissions de ces POP dans l'environnement (en évitant certains pesticides interdits qui restent parfois utilisés illégalement et en contrôlant strictement les émissions industrielles) est important. Côté perso, choisir des produits alimentaires venant de régions ou de filières contrôlées contribue aussi à limiter l'exposition alimentaire à ces polluants.
Les microplastiques ne se contentent pas de flotter tranquillement dans l'océan : ils accrochent aussi des substances toxiques émergentes, notamment les fameux perturbateurs endocriniens. Parmi eux, tu trouves régulièrement le bisphénol A (BPA), présent à la base dans certains plastiques alimentaires, ou encore les phtalates, utilisés pour assouplir le plastique. Ces molécules se fixent facilement à la surface des microplastiques, comme des passagers clandestins.
Résultat : quand les organismes marins avalent les microplastiques, ils ingèrent aussi ces polluants. Même à très faible dose, les perturbateurs endocriniens peuvent chambouler le système hormonal des animaux, entraînant des troubles sur la reproduction, le développement embryonnaire ou le métabolisme. Par exemple, chez certains poissons exposés aux phtalates via ces microplastiques, on a observé des déformations génitales et des troubles de fertilité.
Ces substances posent aussi question pour nous, humains : en consommant des produits de la mer contaminés, on peut subir indirectement une exposition à ces perturbateurs endocriniens. Une bonne raison de surveiller sérieusement notre consommation et de renforcer les systèmes de filtration et de traitement des eaux usées, histoire de limiter à la source leur entrée dans l'océan.
L'adsorption des polluants chimiques sur les microplastiques, c'est comme un jeu d'aimant au niveau moléculaire. Certains plastiques, comme le polyéthylène ou le polypropylène, sont particulièrement attirants pour des toxines telles que les PCB ou le DDT. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils sont hydrophobes, exactement comme ces polluants organiques qui préfèrent se coller aux plastiques plutôt que se diluer dans l'eau.
Et pour que ce processus fonctionne au mieux, certains facteurs entrent en compte. Déjà, la taille: les petits morceaux de plastique, avec leur surface proportionnellement plus importante, retiennent davantage de polluants que les gros fragments. Ensuite, l'ancienneté et l'état du plastique. Un microplastique "vieilli" après des mois passés en mer a souvent une surface rugueuse avec de nombreuses irrégularités et fissures, qui augmentent la capacité de rétention des polluants chimiques. Les interactions avec des organismes et des microorganismes marins viennent encore compliquer la donne : les biofilms microbiens qui se forment sur la surface des plastiques peuvent influencer l'affinité pour certains polluants chimiques, agissant parfois comme une éponge supplémentaire.
N'oublie pas la salinité et la température de l'eau, elles jouent aussi un rôle clé. Par exemple, l'eau plus chaude accélère généralement le processus d'adsorption des polluants sur les plastiques. Tout ça fait que chaque zone marine peut avoir ses propres spécificités dans la façon dont les microplastiques captent et relâchent les contaminants chimiques. Pas très rassurant, quand on sait que tout ça finit potentiellement dans nos assiettes.
Le saviez-vous ?
Chaque année, environ 8 millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans, soit l'équivalent d'un camion-benne rempli toutes les minutes, dont une grande partie se transforme progressivement en microplastiques dans l'environnement marin.
Les microplastiques ont été détectés non seulement dans les organismes marins mais aussi dans le sel marin, le miel, l'eau potable et même dans l'air que nous respirons, indiquant leur omniprésence dans notre quotidien.
Certaines fibres textiles synthétiques, comme le polyester ou l'acrylique, peuvent perdre jusqu'à 700 000 microfibres à chaque cycle de lavage en machine, devenant une source majeure de microplastiques rejetés dans les eaux usées puis dans les océans.
Les microplastiques peuvent servir de 'véhicules' en transportant des substances chimiques dangereuses telles que les métaux lourds, les polluants organiques persistants (POP) ou encore des perturbateurs endocriniens, facilitant leur absorption par les organismes marins.
Chez le plancton, notamment chez les espèces comme le copépode Calanus helgolandicus, on observe une ingestion directe de microplastiques, surtout quand ceux-ci sont de petites tailles (moins d'un millimètre). Même chose du côté des moules (comme l'espèce Mytilus edulis) qui filtrent l'eau pour se nourrir et accumulent ces particules en quelques heures à peine. Concrètement, une seule moule peut contenir plusieurs dizaines de microparticules après seulement quelques jours d'exposition. Ça ne reste pas bloqué dans leur système digestif : certains microplastiques peuvent traverser les tissus, ce qui augmente le risque de transfert vers les prédateurs – poissons et crustacés qui finiront peut-être dans nos assiettes. Un conseil pratique si tu aimes les fruits de mer : privilégie des lieux d'élevage ou de pêche situés loin des embouchures de rivières ou des zones très urbanisées, là où la concentration en microplastiques est généralement moins élevée.
Plusieurs espèces de poissons et mammifères marins ingèrent des microplastiques de manière régulière. Une étude menée en Méditerranée a révélé que près de 18 % des thons rouges examinés contenaient des fragments de microplastiques dans leur tube digestif. Du côté des mammifères marins, les baleines à fanons sont particulièrement touchées, filtrant d'énormes quantités d'eau chaque jour en se nourrissant de plancton. De ce fait, elles accumulent souvent ces particules plastiques.
Ce qui est inquiétant, ce n'est pas seulement l'ingestion de ces microplastiques eux-mêmes, mais surtout les substances toxiques qu'ils transportent. Une fois dans l'organisme, ces toxines peuvent être relâchées, perturbant le système endocrinien ou le développement reproducteur des animaux marins. Ça peut avoir des effets sur l'ensemble de la chaîne alimentaire, et donc potentiellement sur notre assiette aussi.
Concrètement, si tu souhaites réduire ton impact sur ces écosystèmes, évite les produits contenant des microplastiques (cosmétiques exfoliants, dentifrices avec microbilles, etc.) et fais attention à tes déchets plastiques puisque une grande partie finit tôt ou tard dans l'océan. Chaque geste compte vraiment, car ces espèces marines que nous consommons peuvent véhiculer ces contaminants jusqu'à nous.
Les microplastiques n'ont pas seulement tendance à s'accumuler dans un seul organisme marin, ils remontent toute la chaîne alimentaire ! Au départ, ce sont les petits invertébrés marins et le plancton qui avalent ces minuscules particules. Puis, quand ces animaux sont mangés par des poissons plus gros ou des prédateurs comme les oiseaux marins, les microplastiques passent aussi dans leur organisme, en concentrant davantage les contaminants chimiques accumulés à chaque étape (bioamplification). Plusieurs études scientifiques ont observé des concentrations significativement plus élevées de polluants comme les PCB (polychlorobiphényles), les pesticides ou encore certains métaux lourds chez les prédateurs situés au sommet de la chaîne alimentaire marine. Certains cas concrets l'illustrent clairement : par exemple, chez les baleines à fanons étudiées en Méditerranée, on avait identifié jusqu'à plusieurs centaines de fragments de microplastiques dans leur estomac, associés à des niveaux élevés de contamination chimique. Cela révèle un double impact négatif : l'effet physique dû aux particules plastiques elles-mêmes, combiné à l'effet toxique dû aux composés chimiques adsorbés. On parle ainsi de "cocktail toxique". L'impact écologique peut être lourd – car lorsque ces organismes affectés sont consommés par les humains, ces particules potentiellement toxiques peuvent aussi s'inviter dans nos assiettes, soulevant des inquiétudes claires pour la santé humaine.
Les gouvernements mettent en place diverses mesures, telles que l'interdiction des sacs plastiques à usage unique ou des microbilles dans les cosmétiques, le développement de réglementations strictes pour encadrer la production et l'utilisation de plastiques, ainsi que des campagnes de sensibilisation pour encourager un changement dans les comportements quotidiens des citoyens.
Actuellement, il n’existe pas de techniques efficaces à grande échelle permettant d'éliminer totalement les microplastiques déjà présents dans les océans. La taille réduite, la dispersion généralisée et la profondeur de répartition des microplastiques rendent la collecte difficile. Les efforts actuels se concentrent donc principalement sur la prévention et la réduction à la source de leur introduction dans l'environnement.
Non, les microplastiques ne disparaissent pas complètement de l'environnement marin, mais ils se fragmentent progressivement en particules encore plus petites sous l'effet du rayonnement UV solaire, des vagues et des interactions chimiques. Ils peuvent persister plusieurs centaines d'années sous différentes formes dans l'environnement marin.
Les stations d'épuration classiques ne sont pas entièrement efficaces face aux microplastiques. Selon certaines études, elles parviennent à retenir une partie importante des particules, mais une quantité significative de microplastiques plus petits traverse malgré tout les systèmes de traitement et se retrouve dans les milieux aquatiques naturels. Des techniques avancées sont actuellement en développement pour améliorer cette élimination.
Vous pouvez réduire votre contribution en privilégiant les produits sans emballages plastiques à usage unique, en évitant les produits cosmétiques contenant des microbilles de plastique, en recyclant efficacement vos déchets plastiques, et en limitant l'utilisation de vêtements synthétiques qui libèrent des fibres plastiques lors du lavage.
Les microplastiques affectent presque tous les niveaux trophiques marins. Le plancton et les invertébrés marins, tels que les moules ou les crevettes, sont particulièrement touchés, car ils filtrent l'eau pour se nourrir et ingèrent donc facilement ces microparticules. Les poissons, oiseaux marins, tortues et mammifères marins sont également impactés, soit en consommant directement des microplastiques, soit par l'accumulation le long de la chaîne alimentaire.
Un microplastique est une petite particule de plastique dont la taille est inférieure à 5 mm. Ils peuvent provenir de la fragmentation de déchets plastiques plus grands (microplastiques secondaires), comme les bouteilles en plastique ou les sacs, ou être fabriqués directement sous cette forme (microplastiques primaires), tels que les microsphères présentes dans certains cosmétiques ou produits d'entretien.
Les microplastiques absorbent des polluants chimiques potentiellement toxiques (comme les métaux lourds, les pesticides et les perturbateurs endocriniens). Bien que les recherches médicales soient encore limitées, on sait que ces substances nocives peuvent s'accumuler dans la chaîne alimentaire marine et arriver jusqu'à nos assiettes, posant ainsi un risque potentiel pour la santé humaine.

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Question 1/5